NGUEPI Sylvestre : Mon rêve enfin réalisé.

Sylvestre Nguepi

Agé de 50 ans, Sylvestre est un formateur de l’EFA de Fokamezo ; très volontaire et engagé, Sylvestre a accepté de répondre à cœur ouvert aux questions de l’équipe de la CNEFAC qui est allé lui rendre visite dans ses multiples activités.

Q1 : comment avez-vous rencontré l’EFA ?
R : j’étais délégué de la coopérative des agriculteurs de Fokamezo Ntsifouck (CAFN) de 1997 à 2000. Après la fermeture de la coopérative en 2000, il y a eu des démarches de création d’une EFA à Fokamezo. J’ai participé à la campagne d’information et de sensibilisation. Lors de la création de l’EFA j’ai sollicité être formateur mais je n’ai pas été sélectionné à cause de mon faible niveau de formation et surtout du fait que je n’avais pas de formation en agriculture. J’ai alors pris la décision de m’inscrire à l’EFA. Après deux ans de formation, l’école a connu un déficit de formateurs suite à la démission de certains qui sont allés gagner leur vie ailleurs. En troisième année mon activité professionnel(MAP) a été orienté vers l’élevage des poulets de chair et je l’ai soutenu avec mention « bien ».Une fois ma formation terminée à l’EFA, le conseil d’administration m’a finalement recruté car il m’estimait déjà apte à aider les autres. Ce fut pour moi une fierté car j’obtenais le poste que je convoitais depuis 3 ans. Désormais je devais partager mon temps entre mes activités d’élevage, d’agriculture et être formateur.

Q2 : quels étaient vos objectifs en devenant élèves,
R : en devenant élèves, j’avais un double objectif :
1- Me perfectionner dans les techniques agricoles et d’élevage car avant je faisais mes travaux de manière archaïque.
2- Développer mon village en contribuant à l ‘amélioration de mes propres activités et de celles de nombreux jeunes que j’encadrais dans ma coopérative

Q3 : comment vous vous arrangez au quotidien entre vos activités de formateur et vos propres activités agropastorales ?

Sylvestre avec ses élèves dans un champ expérimental

R : le travail de formateur pour moi est un jeu de recréation bien que je le prenne au sérieux. Pour moi former les jeunes de mon village est un appel. De l’autre côté, j’ai les responsabilités familiales à assumer. Fort heureusement, mon épouse est une excellente aide. Elle a aussi été formée à l’EFA et développe ses propres activités qui aident à supporter les charges de ménage ce qui allège mon calendrier et me permet d’assumer pleinement ma fonction de formateur. Toutefois pour maintenir mon équilibre financier, mais aussi pour être un témoignage d’acteur de développement pour mes élèves, chaque jour, je passe au moins deux heures de temps dans mes exploitations.

Q4 : rencontrez-vous des difficultés particulières pour votre survie ?
R : les difficultés ne manquent pas, mes revenus ne sont pas suffisants pour m’occuper de la famille dans le sens large du terme. A l’EFA nous n’avons pas de salaires en tant que tel ; nous recevons des appuis financiers des parents et de la CNEFAC. Ces appuis sont symboliques mais je ne me plaints pas trop car j’ai au moins la satisfaction morale d’être au service de ma communauté.

Q5 : un de vos objectifs était le développement de votre village : pensez-vous l’avoir atteint ?
R : nous sommes sur la bonne voie mais il y a encore beaucoup à faire. Depuis que je suis formateurs des jeunes et adultes il ya eu amélioration du rendement des récoltes. Avant l’EFA, toutes les méthodes culturales étaient archaïques mais aujourd’hui, beaucoup de parents appliquent les nouvelles méthodes.

Q6 : êtes-vous satisfait de votre expérience à l’EFA ?
R : très satisfait. A travers l’EFA, j’ai amélioré mes propres connaissances. De plus en plus les parents comprennent le bien fondé de l’EFA et nous envoient leurs enfants. Moi-même j’ai déjà inscrits deux de mes enfants à l’EFA, une a déjà terminé sa formation et exploite ses propres parcelles de terrain pour subvenir à ses besoins. Nous, anciens élèves, sommes constitués en groupe d’initiative commune (GIC) ce qui nous donne droit à certaines facilités auprès des entreprises de micro finance. Très souvent, je reçois comme maître de stage dans notre école, d’autres formateurs en stage d’imprégnation preuve que la CNEFAC elle-même est satisfait de mon travail.

Interview réalisée par
Emile Wobenso en collaboration avec
Vérène Ntabareshya

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